samedi 7 novembre 2009

Condé 40 - septembre 2009 - "Les femmes, les hommes..."

Et oui, le condé 39 était notre rendez-vous gastronomique de juin... Pas de note, pas de trace des douceurs que nous avons partagées avec grand plaisir. Alors nous voici déjà au n°40...

Comment aborder ce sujet impossible ?
A partir de l’Apollon de Bellac, une pièce de Jean Giraudoux qui date de 1943 mais dont l’humour est toujours aussi percutant : comment une femme obtient ce qu’elle veut des hommes grâce au conseil de l’Apollon de Bellac (petit village du sud ouest de la France !). Il suffit qu’elle dise aux hommes qu’ils sont beaux !
Mais que dire aux femmes pour obtenir d’elles ce qu’on veut ?

...: il faut aussi dire aussi à un homme aujourd’hui qu’il est intelligent car il pensait qu’il était le seul intelligent et il fallait lui dire qu’il était beau. Intelligent ça allait de soi ! Maintenant beaucoup de femmes sont intelligentes alors il faut le préciser pour les hommes.
...: je crois qu’il faut dire à une femme : Je suis avec toi, tu n’es pas seule. Mais en le disant je pense que cela dépend de nos manques (la beauté, l’intelligence, se sentir seule….). La beauté est toute relative. Il y a des hommes que je considère très beaux et qui n’ont pas choisi une femme très belle ; Ils cherchent autre chose : qu’elle inspire la confiance, qu’elle va être fidèle, … Pour les femmes, c’est pareil : certaines attendent que l’homme soit fidèle, ….
...: je suis d’accord. L’homme comme la femme aime être flattée mais ça dépend des petites carences, faiblesses de chacun. Si on se sent seule et que l ‘autre assure une présence, elle sera rassurée et sera plus apte à donner. De même pour la bêtise… Le fait de flatter permet d’obtenir de chacun quelque chose mais il faut le faire bien et dépend de chacun…
... : la beauté c’est important pour les hommes et les femmes car la beauté peut faire la vie plus facile. Si tu te présentes au travail avec un beau visage, tu as la vie plus facile et agréable en général. Pour l’amitié, le travail, un compagnon… C’est la même chose pour les deux. C’est la vanité, c’est une explosion de vie : comme si on mettait l’accent sur des qualités que tu aurais… Si tu reçois une parole aimable tu te sens toi-même plus beau…
...: d’accord sur la question de la flatterie. C’est bien d’avoir une carte de présentation si tu es beau, bien habillée, peignée. Quand on parle, on voit la beauté à l’intérieur. Et si tu as seulement la façade, ça ne sera rien, pour les hommes et pour les femmes. La flatterie ne marche pas pour tout le monde : certains se méfient…
...: ou sont énervés parce que tu te sens tellement le contraire de ce qu’on te dit que tu penses que l’autre ne t’a même pas écouté.
...: oui, par exemple, on dit toujours en France : t’as bonne mine et quand tu es mal en point c’est désagréable !
...: même chose pour le contraire, on ne se perçoit pas de la même façon que l’autre.
...: nous sommes plus nombreuses les femmes que les hommes, en Asturies encore plus qu’ailleurs. Ou plutôt : les hommes hétérosexuels sont beaucoup moins nombreux. On est limité par l’espèce ! Je pense qu’il faut les flatter, avec la culture latino-américaine, quand il y a des colombiennes, cubaines qui sont plus douces, plus gentilles, plus douces, ça marche mieux…
Question de tous : pour toujours ou seulement un soir ?
...: je ne sais pas mais on dit que ça marche. Il y a aussi des hommes qui se marient avec des femmes moins belles. On cherche aussi ce qu’on souhaite à la maison : une bonne mère, femme de ménage… et on trouve la femme explosive autrement.
Question : tu dis que l’homme cherche plusieurs femmes, qu’est-ce qu’il leur dit ?
...: on nous a raconté le conte de fée où la femme reste à la maison, s’occupe des enfants et l’homme rentre… En Espagne c’est encore un peu ça. Les hommes ont connus ça et aimerait que ça continue.
...Conte de fée ? Car ça n’existe pas…
...: Mais c’est affreux, c’est un cauchemar !!!
...: c’est ce qu’on raconte quand on est enfant, ton prince bleu qui va te combler, t’acheter ton château…
...: dans l’idéal, c’était ça avant : l’homme travaillait et rapportait l’argent à la maison et la femme s’occupait de la maison, qu’elle ait une vie tranquille et paisible.
...: je n’ai pas vécu ça car je suis partie en France seule à 18 ans mais l’éducation en Espagne c’était un peu comme ça…
...: (le seul homme de ce condé) : tout dépend ce qu’on veut faire ou l’espoir qu’on a de faire. Le monsieur qui flatte bien une femme, il a un but précis. S’il cherche l’épouse, il cherchera la beauté intérieur, ses sentiments profonds. Moi j’étais en déplacement tout le temps, j’ai fait ce que j’ai pu… En principe l’homme il n’est pas fidèle.
...: c’est la nature…
...: ça doit venir de nos ancêtres…
...: l’adultère se fait à deux. Les femmes mariées aussi sont infidèles. Généralement l’infidélité c’est sexuel.
... : il y a une différence de punition sur l’infidélité : si tu as un fils, tu sais que c’est à toi. Pour l’homme la fidélité c’est très important de savoir qui est son fils ! C’est la punition qui est différente, l’infidélité est de part et d’autre. Biologiquement, c’est plus masculin…
...: quand j’ai fini l’Apollon, je me suis demandé : si l’employé était une femme, qu’est-ce que l’homme pouvait lui dire pour avoir le travail et j’ai pas trouvé… S’il dit qu’elle est belle, ça va pas. S’il dit qu’elle est intelligente, pareil…
...: donc un homme est plus facile à flatter !

...: les françaises ont moins l’habitude d’être flattées alors qu’en Espagne il y a le piropo : guapa…
Remarque des autres espagnoles : Ça se fait de moins en moins, c’est rare.
... : C’était pour moi très désagréable car j’étais très timide… C’était tous les jours et c’était dur.
... : moi je disais merci…
...: ça dépend qui te dit el piropo…
...: en France ça drague avec les yeux c’est incroyable…
...: je pense que c’est dur de dire… pour avoir du succès on doit dire ce que l’autre veut entendre et il faut cibler, c’est difficile.
...: Pas de différence entre les hommes et les femmes ?
...: Ça dépend de chacun. L’aspect oui mais dès qu’il ouvre la bouche et c’est affreux…
...: ce que ... a dit est très important… Notre éducation espagnole dit : tu es censé arrêté de travailler pour éduquer tes enfants même si tu as besoin d’avoir une activité sociale. Si jamais tu reprends le travail, ton père, ton mari, et même les autres femmes de la famille, t’en font le reproche et tu peux te sentir comme une merde…
...: c’est important que l’autre (mon mari) valorise ce que je fais. La moindre petite chose je la ferais parfaitement !
...: je crois ça aussi !
...: mais l’homme ne veut-il pas se sentir le meilleur partout ?
...: il se sent diminué si tu gagnes plus que lui ou si tu travailles et lui non. J’ai commencé à travailler en 1941, j’ai arrêté en 1986 avec la retraite anticipé et on se retrouve : je suis un bon à rien. Si l’épouse prend de l’ampleur, ça doit être pénible. Les espagnols sont des machos !
...: C’est quoi pour vous ?
Toutes : Celui qui veut avoir la puissance ! Posséder, contrôler les autres personnes !
...: il faudrait demander à l’homme son avis pour tout, moi ça ne me convient pas…
...: on devrait écrire une pièce de théâtre avec tout ce qu’on a dit !
...: On a ouvert la boite de Pandore…
...: chez un homme, n’importe lequel, tous les hommes marchent à une chose, tu lui demandes comment marche une dynamo et il est content…
...:
Les deux choses clés : à une femme, tu lui dis c’est bien ce que tu fais et à un homme, tu lui demandes comment ça marche…
On dirait…
...: mes voisins ; Alors que mon mari fait tout, ne demande rien, ne dit jamais ce que je fais
...: la femme sur ce qu’elle fait et l’homme sur ce qu’il est…
...: la femme veut changer l’homme et l’homme veut changer de femme
...: genio y figura hasta la sepultura ; chassez le naturel il revient au galop !
...: l’homme peut-il changer de comportement sans se changer ?
...: la belle femme qui dit à Einstein, on devrait faire un enfant avec ma beauté et votre intelligence. Lui : et si c’était l’inverse !
...: la plupart des choses on les fait mal et il faut l’assumer. Voir Le psy : ne vous en faite pas vous ferez toujours mal…

Condé 38 - mai 2009 - "Asturies mon amour"


Les non asturiens parlent des Asturies et les asturiens parlent…

...: je viens de Aragon (Zaragoza) et a habité 17 ans en Hollande… Je suis venue à Gijón il y a six ans. Parler asturien c’est très étrange parce que on met le pronom derrière (digotelo yo, gustote) et le passé simple qui est toujours utilisé.
...: je ne suis pas asturienne, je suis née à Ségovie, toute ma famille est castillane. Quand j’étais petite les habitudes étaient castillanes plus que asturiennes et j’avais deux ans. Plus tard, à travers la famille, car moi j’ai toujours vécu ici sauf quand j’allais à la maison de mes tantes et grand-mère, je pouvais percevoir les différences. Les manières de traiter les autres : à Ségovie on parle moins fort, il y a des nuances mais la manière de s’habiller est plus sérieuses en Castille, maintenant à travers la télévision tout le monde fait pareil… On emploie aussi beaucoup le passé composé.
...: Asturienne… quand je suis allée à Salamanque en 1964, j’avais un costume pantalon et on me regardait car il n’y avait pas de femme en pantalon. En 1969, je suis allée à Zamora avec une jupe un peu au-dessus du genou et j’ai croisé un vieillard qui a failli tomber !
...: je viens de Salamanque. En 1969, j’allais m’habiller chez une amie avant de sortir car je ne pouvais pas mettre une jupe courte et les bras nues devant ma mère ! Après avoir habité à Gijon, mariée, je suis retournée à Porto Llano et je voulais aller me promener seule, en 1996. Le mari des amis chez qui j’étais ne voulait pas me laisser sortir seule ! ça ne se fait pas…
...: toujours maintenant ! partir en voyage ne se fait toujours pas seule ! J’étais à Gerona il y a une semaine et dans l’agence de voyage, la jeune fille m’a dit « vous », « vosotros » comme si je n’étais pas seule !
...: pour la manière de s’habiller, dans le sud c’est encore pire. Il y a longtemps, on s’habillait encore en noir et ici c’était déjà comme on voulait.
...: gijon, oviedo ?
...: je suis de Pola de Sierro, le chef lieu de l’asturiania… Il y a toujours une différence : Oviedo plus fin, mieux habillé, plus poli ; Gijon, c’est plus ouvrier, un accent très fort.
...: basque, je suis venu en asturies quand j’avais 6 ans, dans plusieurs villes ! Je me suis balladée un peu partout. Ma famille est d’un petit village de Victoria : je suis tombée et ma mère m’a dit « ya pasó » et ma cousine a fait la remarque que c’est une chose qui vient de se passer on ne dit pas « ya pasó » mais « ya ha pasado ». On parlait un castillan…
...: en basque ils emploient le conditionnel à la place du subjonctif imparfait ! c’est comme ça qu’on reconnaît un basque ! J’y suis allée en 1978, je ne comprenais pas, je n’avais jamais pensé qu’on pouvait parler comme ça ! Je n’arrivais pas à comprendre les temps des verbes !
...: par rapport à la grammaire, il y a une chose qui m’étonnait ici : « je vais t’apprendre » ici on dit « voy a aprender » au lieu de « voy a enseñarte ».
...: le passé simple était considéré comme un peu snob, qui veut bien parler mais n’y arrive pas. Une anecdote de l’année dernière : une dame vient de Séville, elle est mariée à un cousin à moi et elle est étonnée que toutes les femmes soient seules à la cafet.
...: il m’a fallu seulement deux jours pour comprendre qu’il ne fallait pas demander à un asturien de parler moins fort. Et les gens vous parlent dans la rue…
Tout le monde : C’est partout en Espagne, pas dans les grandes villes !
...: peut-être parce qu’on a toujours été isolés…
...: les enfants ne s’invitent pas à dormir ; n’ont jamais dormi en dehors de la maison ; ont toujours la famille tout autour et beaucoup de choses à faire avec la famille ; les amis c’est moins important.
...: je viens ici pour y rester à demeure ; je n’ai pas d’impression particulière. Je suis ouvert à tout, j’ai voyagé partout, je suis gentil, serviable mais avoir une impression sur une région, j’en ai pas… En France, je n’ai pas vu beaucoup de gens qui vous adressent la parole ! ici les gens ils me parlent mais je ne sais pas répondre !
...(nous a rapporté des gâteaux aux noisettes délicieux et du cidre doux) : on me disait quand j’étais petite de ne pas trop en boire car ça donne la diarrhée mais moi je n’obéissais jamais et j’avais toujours la diarrhée. j’ai habité deux ans à Bordeaux et j’ai trouvé très sympa même si tous me disaient que les bordelais ne sont pas agréables. J’ai demandé un verre de vin au bar et on m’a dit qu’on ne servait pas de femmes seules, il y a trente ans ! On fête les anniversaires, on est dehors, on rigole toujours, on raconte des histoires drôles. Des gens déjeunaient à coté, une dame au fond… A un moment donné, on était en pleine pagaille, la dame s’est approchée : je suis andalouse, je croyais que c’était nous qui rigolions mais vous faites mieux que nous ! En asturies, on dit que c’était un matriarcat. Les femmes ont un caractère très fort. L’homme intervient quand la femme a fini.
... : à propos des enfants qui ne vont pas chez des amis. Je crois que tu as raison. En Asturies, les gens sont accueillants, gentils mais leur maison est fermée
...: espagnol ?
Tout le monde : oui ou non !!
...: j’ai habité en France, j’ai été bien accueillie, j’ai passé deux noël à Paris, j’ai toujours été invitée chez les uns et les autres, très souvent, même des gens que je ne connais pas. Dans les Asturies, je suis invitée chez des collègues et des amis mais je connais des gens qui se plaignent de n’être jamais invités. On n’aime pas recevoir des gens dans notre maison. J’ai habité entre jeunes et on invitait beaucoup et il fallait faire le ménage, se répartir. Ici j’ai invité des gens et ils n’osent pas venir, je ne suis pas tellement invitée…
...: ça dépend aussi des familles
...: elle a raison
...: c’est tellement bon marché d’aller au resto.
...: ça c’est une question moderne, quand j’étais petite c’était toujours à la maison
...: chez moi on m’a toujours dit, il ne faut pas accepter l’invitation à la première fois mais seulement à la deuxième ou troisième fois. En France, ça choquait les gens !
...: par rapport à recevoir à la maison, ça dépend de l’âge et des personnes. Quand j’étais petit on était toujours les uns chez les autres…Jeune mariée je recevais beaucoup, maintenant non.
...: avant, la mère était toujours à la maison…
...: ma fille ne travaille plus et garde les enfants ; elle a toujours sa maison pleine !
...: c’est vrai, à l’école de mes enfants, tout le monde travaille..
...: on est un peu fermé, une certaine timidité…
...: Il y a une différence ici aussi c’est la parole : quand un castillan dit une chose, il le fait. En Asturies, sin sustancia, il n’y a pas d’engagement. En Castille, on donne sa parole.
...: ici, pas du tout !
...: au marché, on faisait les accords en serrant la main.
...: Une personne qui ment, tout le monde le savait et on ne comptait plus sur elle : c’est la pénalisation sociale, elle est forte contre le mensonge, le manque de parole.

Condé 37 - avril 2009 : "Napoléon"

En effet, en janvier, février et mars, les choses se sont bousculées et les condés 34, 35 et 36 n'ont pas fait l'objet de notes...
voici avril...


Vicky nous présente Napoléon...

J’ai choisi ce personnage car il est incroyable : génie militaire, excellent diplomate d’un côté et de l’autre, ambitieux et autoritaire : il combine à la fois la légende dorée et la noire. Il y a des personnes qui le détestent ou qui l’adorent mais c’est difficile d’être indifférent.
Il est né à Ajaccio en 1769. Son père s’appelait Cargo, sa mère Laetitia. Il est né quatrième mais ses deux frères ainés sont morts. 13 enfants dont 5 morts. Petite noblesse corse, père avocat mais personnage faible. L’île est pauvre et la famille n’est pas riche.
Il a pris parti contre Paoli, le gouverneur de Corse, en faveur de la France, et il doit s’enfuir. Laetitia s’est mariée à 13 ans, c’est une femme forte mais sans éducation. J’aime beaucoup sa jeunesse car la suite on la connaît tous. Elise a étudié à St Cyr, Joseph et Napoléon vont au collègue d’Autan. Joseph était destiné à une carrière ecclésiastique. Napoléon va à l’école militaire avec la bourse du roi. Va à Brème le Château. Y reste 5 ans, bon élève, doué pour les mathématiques, peu apprécié par ses camarades, propension à l’art du commandement, il organisait les jeux militaires, une bataille de boules de neige a fait sa légende. Joseph finalement étudie le droit.
Napoléon passe le concours d’entrée à l’école militaire de Paris. Son père meurt d’un cancer à l’estomac. Napoléon considère son frère Joseph trop faible pour devenir le chef de famille et le devient. Va en garnison à Valence au régiment d’artillerie. Retourne en Corse. Il lit beaucoup, prend des notes, ... A la révolution, Napoléon a 19 ans. Il est spectateur de l’émeute des Tuileries, méprise louis XVI en même temps que celui-ci le nomme capitaine. C’est d’ailleurs le dernier acte public du roi. Napoléon devient commandant et fait ses premières armes à l’expédition de la Maddalena en 1793. Devient chef de bataillon à la demande de Robespierre. Renvoi les anglais, est ami avec les Jacobins, se fait arrêter en 1794.
Je préfère raconter l’histoire de la famille. Toute la famille va à Marseille. Napoléon était général. Il connaît la famille Clarie, marchand de vin, riche. Deux filles : la première se marie avec Joseph. L’autre était Désirée. Elle devient la fiancée de Napoléon. Elle l’a aidé quand il était en prison. Il devient amoureux, ils sont promis. Il va a Paris pour aider son ami Barras. Il arrive à Paris, il connait Joséphine de Beauharnais, qui a du charme. Barras vivait avec Teresa Cabarusse. Il ne rentre pas à Marseille. Désirée va à Paris, elle sait que Napoléon est dans une fête chez Barras. Elle trouve Napoléon avec Joséphine, toutes les femmes étaient habillées de façon dénudée, elle pleure... Elle sort, elle tente de se suicider (on n’est pas sûr), le maréchal Bernadotte apparaît et l’aide puis ils se marient. Napoléon épouse Joséphine. Leurs vies ont toujours été liées : par le mariage de leur frère et soeur, par le mariage de Désirée avec Bernadotte qui est proche de Napoléon, puis, lorsque Bernadotte devient roi de Suède, Désirée revient à Paris, son fils reste en Suède. Quand Napoléon décide de divorcer de Joséphine pour se marier avec Marie-Louise d’Autriche, Désirée conseille les uns et les autres, elle est encore là pour le couronnement…

Débat
Q : pourquoi tu as choisi Napoléon ?
R : il est parti de rien et avec son ambition il a fait des choses incroyables. Cette ambition l’a perdu. Ses hommes l’adoraient, ils mourraient pour lui. Mais il a voulu trop. Il a eu trop de morts. Il a vu trop grand.
Q : même chose que sa relation aux femmes ?
R : il avait des maîtresses partout. C’était peut-être une chose de l’époque car Joséphine avait des amants partout. Pauline, la soeur de Napoléon était très jolie, n’était intéressée par rien seulement par elle, elle voulait être la plus belle, ses coiffures, ses bijoux et les hommes. Et Napoléon décide de la marier au Général Leclerc, riche et important. Mais elle avait des amants partout. Dont un acteur qui parfois ne pouvait pas aller jouer au théâtre ! Napoléon envoie Leclerc et sa femme en Martinique. Leclerc meurt au bout de 4 mois. Pauline revient en France, veuve avec de l’argent, elle est très heureuse. Napoléon voit le danger et décide de la marier encore. Choisit le prince Borghèse. Ce fut une bonne chose car, quand toute la famille tombe à la chute de Napoléon, elle reste princesse sous la protection du pape.
Q: Quand Napoléon est venu en France, il ne parlait que l’italien car la Corse était française depuis peu. En France, depuis la révolution, il y a le service militaire obligatoire. Il avait une armée énorme ! En Espagne on avait les quintas : en cas de conflit on ne pouvait prendre que la 5ème partie des hommes en âge sauf les héritiers ou les fils d’une veuve.
Vicky : si on étudie la vie de Napoléon, il réussit tout en peu de temps. Consul de France, réforme, 130 départements en France, président de république italienne, roi d’Italie, médiateur suisse, dirige l’Europe continentale, sa famille est sur tous les royaumes... Ses échecs : l’Angleterre, la Russie. En ce qui concerne l’Angleterre, Wellington a profité des guérillas en Espagne pour envahir la France. L’Espagne n’avait pas d’armée (la loi des quintas ou on ne peut enrôler qu’un 5ème des hommes en cas de conflit) mais elle savait détruire par guérilla. Pour chaque invasion, les français devaient vivre de se qu’ils trouvaient dans le pays. Les espagnols disaient qu’ils n’avaient rien.
Q: Napoléon a inventé les aliments déshydratés pour ses hommes.
Q: a offert un prix de 10000 francs pour celui qui arrive à conserver les aliments : Nicolas Appert. Avec l’approbation du conseil de santé de Brest. Conservation en verre.
Vicky : en Espagne, il n’avait pas encore ça. Les français sont rentrés quatre fois et on les a sortis quatre fois. C’était la première fois que Napoléon avait à lutter contre un peuple et non contre un roi.
Q: que pense les français aujourd’hui de Napoléon ?
Q: c’est un Dieu ! Il a fait quand même beaucoup trop de morts ! Mais moi je suis anti-militariste.
Q: on a une expression quand trop de garçons naissent dans une famille : c’est de la chair à canon.
Q: on se bat pour le pouvoir, on fait se battre les autres, malheureusement. La guerre ce sont des gens qui ne se connaissent pas et s’entretuent...
Q: ils étaient encouragés par le Général qui faisait des discours pour dire qu’on mourrait pour la gloire, le pays,
Vicky : en Espagne il n’y avait pas d’union. Je connais l’indépendance d’Asturies : il n’y avait pas cette idée d’union d’un pays. Dans le traité de Fontainebleau, les français étaient censés ne venir qu’à 10000 hommes en Espagne. Mais quand ils sont rentrés ils étaient déjà 1 millions en Espagne. Il y en avait en Asturies, le consul de France a lancé des papiers en disant que les français étaient les meilleurs du monde. Alors c’est le peuple qui a commencé à se révolter. Les français disaient qu’ils allaient en Portugal mais ils sont restés en Espagne. Il y avait beaucoup d’espagnols qui étaient pro-français (Jovellanos...)
Q : mais la guerre contre les arabes ; pays guerriers ?
R : il n’y a jamais eu l’idée d’une union espagnole. Les guerres étaient pour recouvrir des petits pays, des territoires.
Q: en Espagne, les arabes sont entrés en trombe et les gens se sont révoltés. C’était en plus une religion différente.
Q: il y avait différents royaumes arabes. Il pouvait y avoir des alliances entre Arabes et Espagnols contre un autre Arabe.
Q: les premiers envahisseurs étaient les Irakiens (622), les émirats n’existaient pas, mais c’était les arabes. Comme ils ne voulaient pas cultiver la terre, ils ont fait venir les marocains, les maures.
Vicky : c’est étonnant qu’autant de monde soit venu en Asturies alors que c’est si difficile d’accès !
Q: en France, ils ont beaucoup de montagnes aussi, et bien plus hautes… Les romains sont venus par la mer.
Vicky : Napoléon connaissait parfaitement la région d’Asturies, c’est incroyable !
Q : il était le plus grand stratège jamais connu. Il avait une intuition sur les mouvements à faire. Ça a été étudié. En Espagne, c’était le grand désordre.
Q: en Galice on aimait tant les français que les chiens s’appelaient Soult, Ney !
Q : ses femmes l’ont-il quitté à sa fin aussi ?
Vicky : Oui, toutes l’ont abandonné sauf Joséphine qui était déjà morte.
Q : on a analysé les restes de Napoléon et on a vu qu’il a été empoisonné !

samedi 18 avril 2009

Où en sommes-nous déjà ?

Rien depuis Noël ? Non ! Hélas, le temps nous a pris de vitesse. C'est la faute à l'Europe dit mon fils. Oui, c'est un peu vrai : depuis que nous avons décidé de traiter ce thème dans l'esprit existe-t-il une identité européenne, la mauvaise chance nous poursuit. Notre orateur a des réunions puis tombe malade, notre secrétaire perd son papa et file dare-dare en famille, bref, l'Europe ne nous réussit pas.
Espérons que Napoléon nous porte chance... Le condé d'avril, animé par V...

lundi 9 février 2009

Condé 33 : La fête de Noël 2008 à l'Alliance

Impossible de noter en mangeant cette année !
L'empanada, la salade de pâtes à la roquette, les fameux sandwitchs, les extraordinaires bollos, le magret et sa brioche maison, le tout arrosé du vin de Huesca...
"Tu peux y aller" !

Les desserts sont aussi savoureux : tarte aux fruits maison, gâteau minute (chocolat moelleux), moscovites avec la sidra el Gaitero...

On en profite pour corriger le concours de noël de l’Alliance : les élèves (on dit maintenant les apprenants) ont tous dessiné ou rédigé sur leurs résolutions 2009… Les enfants, les adultes (quatre niveaux - parfois on se demande si ce n’est pas un copié-collé tellement c’est poétique…

Condé 32 (27 nov. 08) : les légumes et les fruits, exemples à l'appui !

Dégustation et commentaires :
Omelette de courgettes et pâtes aux courgettes : la courgette fait partie de la famille des cucurbitacées. Vient du latin. En espagnol : calabacín, de la même famille que calabaza. On ne sait pas si ça vient d’Asie (Egypte) ou d’Amérique.

Caviar d’aubergine : berenjena en espagnol. Un mot arabe qui vient de Perse. On l’appelle en France de façons différentes (melansane qui vient de l’Italien et du grec melansana ; verijane qui vient de l’arabe Perse ; en Martinique on l’appelle bringelle). Presque un symbole de la concorde, amitiés, entente entre les peuples arabes, juifs et chrétiens.
Comment fait-on le caviar : aubergine (très cuite), citron, ail, graines de sésame, huile, sel, poivre.
On teste aussi la courgette crue que l’on trempe dans le caviar d’aubergine.
- ça me rappelle la feuille d’endive avec un anchois : l’endive on dit chicon dans le Nord de la France. Ce qui est en relation avec la chicorée ou, en Espagne, on dit chicoria, qu’on rajoute au café. On l’appelle aussi pour la salade.
- le céleri feuille…
- pas la même chose que céleri rave (le bulbe).
- j’ai connu l’utilisation du salsifi en France. On la mange comme ça en France. En Asturies on varie très peu en légumes (on a le chou frisé, les blettes, les choux de Bruxelles, les choux-fleurs), les autres viennent de la méditerranée. On trouve même des radis à Carrefour. Ça a le goût de noisettes !
- et la soupe de queue de radis ! Hum ! C’est comme la crème fraîche épaisse, on n’en trouve que dans les boutiques françaises.
- moi je fais des omelettes avec les feuilles mais je ne savais pas si on pouvait le manger !

- les blettes, on les appelle acelga : c’est du grec puis passe en arabie, devient alcilga. On l’appelle aussi bete, poiré. C’est une variété de betterave commune. Les celtes l’utilisaient 2000 ans avant JC. Les grecs l’appelaient sikelos et l’utilisaient comme offrandes à Delphes. Charlemagne en a prescrit la culture en France depuis l’année 800. On en mangeait beaucoup au Moyen âge.
Figue : le même mot partout en Europe. Louis XIV aimait beaucoup les figues, il a ordonné de planter 700 variétés de figues ;
Haricot : vient de l’astèque : Ayacol on l’a trouvé en Italien comme araco en 15… ; mais vient aussi de l’autre coté. A un moment donné on le trouve écrit fève, fava. Après le Québec utilise seulement fève et en France seulement haricot.
- on a deux sortes d’haricot…
- Judia y al’luvia : tous les deux viennent de l’arabe.
- les phéniciens avaient tout ça avant…
- c’est un mot, comme la courgette qui fait le tour du monde…
- la phonétique espagnole vient du grec, ramené par les romains.
Voir Asterix en Hispanie… !
Tout le monde adore !

Qu’a-t-on comme légume dans les chocolats ? Des fruits : citron, orange… du latin…
abricot du latin et albaricoque de l’arabe al’bacuq
Zanahoria : seulement en espagnol c’est différent : vient du basque ou de l’arabe ?

On mange aussi des petits gâteaux à la noisette – Avellana.
Diminutif de noix. Dérive du latin « nux avellana » qui signifie noix d’Abella, ville d’Italie où elles sont cultivées et célèbre aussi pour ses pommes. Actuellement appelé Avellino. Abella dérive du mot étrusque « abblona » qui signifie pomme.
Quat à l’origine du mot « sabotage », en espagnol « sabotaje », on m’a raconté ma prof de L’école de langues d’A Coruña une belle histoire :
Pendant l’époque de l’industrialisation à Lyon, les travailleurs du textile faisaient des grèves pour conserver leur travail et ils mettaient leurs sabots dans les machines à fin de les abîmer. C’est pour cela que le mot « sabotage » est né à Lyon au XIXème siècle.

Condé 31 (30 oct. 08) : Mondialisation et reconnaissance

Mondialisation
Présentation des articles de Pierre Noël Giraud : sur l’économie et la finance, histoire de mieux comprendre ce qu’il se passe en ce moment (crise financière qui empiète très rapidement sur l’économie « réelle »).
Un peu de présentation sur ses livres : Giraud est économiste renommé et toujours attentif à son lecteur. Ses ouvrages et articles sont généralement accessibles aux néophytes malgré une précision et une finesse du propos (voir son site où on trouve de nombreux articles en ligne :
http://www.cerna.ensmp.fr/giraud/)
Proposition pour 2009 : Lire "Prospective économique mondiale".

Reconnaissance : petite introduction à Axel Honneth
Axel Honneth est un philosophe allemand de la théorie de la reconnaissance. Pour lui, l’individu (« un soi à part entière ») se constitue grâce à trois formes complémentaires de reconnaissance appartenant à trois sphères différentes : l’amour qui permet de construire une confiance en soi, la justice qui favorise le respect de soi et la communauté qui augmente l’estime de soi. Voir aussi
http://fr.wikipedia.org/wiki/Axel_Honneth.

Son texte face aux manifestations des français contre le CPE : nos remarques
- Le CPE est une idée de Dominique de Villepin quand il était premier ministre. C’est un contrat de deux ans sans assurance d’embauche à durée indéterminée. Comme en Espagne, les contrats « basura ».
- L’administration fait ça tout le temps…
- J’ai eu ça pendant 23 ans, avec des illégalités… J’ai du passer plusieurs examens…
- Pas la même chose de vouloir du travail et de chercher à être reconnu par le travail
- Mais en Espagne, le travail n’était pas reconnu…
- Pourquoi ça [les manifestations des jeunes français contre le CPE] ne se passerait pas en Allemagne : parce que les allemands ils s’occupent de penser, les français ont la pratique de faire la révolution. On est tous les enfants de la révolution.
- Etre reconnu dans ton travail c’est difficile. Si tu es prof d’anglais, tu ne seras jamais reconnue. Tu répètes, tu répètes. Les élèves, un jour découvrent qu’ils savent parler anglais mais ils ne font pas le rapport avec le rôle du prof.
- C’est le problème de l’éducation en général (le rôle des parents par exemple).
- Les étudiants ne sont pas conscients qu’ils apprennent, ce n’est pas une mauvaise intention.
- C’est que la reconnaissance petit à petit n’existe pas… La reconnaissance des petites choses est très difficile. Voir la citation de Victor Hugo : "On est toujours ingrat pour le don du nécessaire, jamais pour le don du superflu. On en veut à qui vous donne le pain quotidien, on est reconnaissant à qui vous donne une parure". C’est comme l’enfant qui est toujours avec sa mère et l’ignore, alors le père qu’il ne voit que le soir est fêté…
- Il existe un contre-exemple intéressant : la TPM dans l’industrie. C’est une méthode importée du Japon qui consiste à ranger et nettoyer son atelier pendant l’usage. C’est comme le ménage à la maison mais c’est plus « noble » car ça vient des japonais qui sont des leaders en matière d’organisation industrielle. (voir
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maintenance_productive_totale).
- C'est toujours une question d’éducation. En classe, j’avais un chinois qui travaillait tellement au restaurant de ses parents qu’il s’endormait à l’école ; il faisait son travail pendant la récré…
Il faut changer notre façon de vivre en occident, on a trop de choses, on est trop dans la consommation…
- A propos du texte de Giraud sur l’égalité sociale, économique, homme-femme. Mais il n’y a pas d’égalité génétiquement…
Tout le monde : oui, l’égalité en soi n’existe pas… C’est respecter la dignité de chacun qui importe.
- C’est injuste si les écarts de salaire sont trop importants. Par exemple, sur nos horaires de travail, il parait qu’on est divisé en « buho » et « alouette ». C’est la façon d’être de chacun, il faut le respecter.
- Mais pas tout le monde est dans la place qui lui convient par rapport à ses qualités. Le problème de l’égalité des chances…
Très peu d’industries ont une politique sociale développée.
- En Suède… il existe les horaires variables.
- On travaille bien cinq heures au plus. On a toujours les horaires du XIXè siècle.
- On a des horaires méditerranéen. On n’ouvre pas l’après-midi (santé, banque, administration, …) Injustice espagnole est séculaire.
- Proposer de travailler l’après-midi. Il a beaucoup de résistance… On mettait des activités privées l’après-midi. Ca vient du XIXè. Déjà chez Mariano José de Lara « venez demain ». Grave pour la probité espagnole...
- Chaque fois que le gouvernement changeait, les fonctionnaires aussi. À l’époque de la république aussi.
- Ils voulaient encore ça il y a quelques temps !
- Ne pas travailler l’après-midi est intouchable en Espagne…
- Expérience du colégio Cabuenes. Les enseignants veulent la journée continue (Cabueñes est un des deux seuls collèges sur Gijón qui a la journée en deux parties). Ça veut dire que les enfants mangeraient à 14h et 15h… Que font alors les parents qui travaillent l’après-midi ?
- Vous avez plus d’expérience en France. On faisait grève pour avoir 1% de plus de salaire. Leçon : si on fait pour 5%, on ne l’aura pas et il faudra payer au ministère de l’économie et on aura que 1¨% au final. En Espagne, on fait des grèves jusqu’au bout. En France on fait des grèves pour que le salarié souffre le moins possible. Les syndicats couvrent 75% des salaires en cas d e longue grève…
- En Espagne, on est peu protégé. On écoute ceux qui ont du pouvoir. Ex : un collègue très bien considéré par les patients mais personne n’écoute les patients, on l’a changé de poste, on voulait le renvoyer.
- Il avait tous les médecins contre lui,
- Les infirmières aussi… Il a été très mal considéré, banni, on lui a diminué le salaire. Il restait plus longtemps que les horaires accordés par les syndicats.
- Ben moi aussi j’aurais peut-être été contre lui !